OpenAI continue de lever des sommes vertigineuses, mais ses besoins en puissance de calcul grandissent encore plus vite. Les inquiétudes internes sur sa trajectoire financière seraient désormais bien réelles.

OpenAI s’est imposée comme l’entreprise symbole de la révolution de l’intelligence artificielle générative. Depuis le lancement de ChatGPT, la société dirigée par Sam Altman a entraîné dans son sillage une grande partie de l’industrie tech, des fabricants de puces aux fournisseurs de cloud, en passant par les investisseurs. Mais derrière cette dynamique spectaculaire, un sujet devient de plus en plus difficile à ignorer : le coût colossal de cette croissance. Pour faire fonctionner ses modèles, attirer toujours plus d’utilisateurs et garder son avance, OpenAI a besoin d’une quantité immense de puissance de calcul. Or, selon le Wall Street Journal, certains objectifs internes de croissance et de revenus n’auraient pas été atteints récemment. De quoi raviver une question centrale pour l’avenir de l’entreprise : OpenAI peut-elle vraiment financer ses ambitions au rythme actuel ?
Des objectifs manqués qui inquièteraient en interne
Ces contreperformances auraient suscité des inquiétudes chez certains dirigeants, notamment sur la capacité de l’entreprise à soutenir ses dépenses massives dans les centres de données. La directrice financière Sarah Friar aurait ainsi fait part à d’autres responsables de ses préoccupations sur le paiement de futurs contrats de calcul, si les revenus ne progressaient pas assez vite.
Le conseil d’administration aurait également examiné de plus près les accords liés aux centres de données ces derniers mois. Certains administrateurs se seraient interrogés sur les efforts de Sam Altman pour obtenir encore davantage de puissance de calcul, alors même que l’activité ralentissait. Ce contrôle plus strict viendrait encadrer des ambitions jusqu’ici presque sans limites, à l’approche d’une éventuelle entrée en Bourse qui pourrait intervenir d’ici la fin de l’année.
Dans une déclaration commune, Sam Altman et Sarah Friar contestent toutefois l’idée d’un désaccord. Les deux dirigeants affirment être « totalement alignés » sur la volonté d’acheter autant de puissance de calcul que possible. Ils qualifient même de « ridicule » toute suggestion selon laquelle ils seraient divisés ou en train de ralentir leurs efforts pour sécuriser de nouvelles ressources informatiques.

Le pari du « toujours plus » face à la réalité du marché
Depuis des années, Sam Altman défend l’idée que le manque de puissance de calcul constitue le principal frein à la croissance d’OpenAI. L’an dernier, cette stratégie l’aurait conduit à multiplier les accords, engageant l’entreprise sur environ 600 milliards de dollars de dépenses futures. Tant que ChatGPT semblait poursuivre une trajectoire irrésistible, cette approche du « tout acheter » bénéficiait du soutien de Sarah Friar et du conseil d’administration.
Mais la croissance du chatbot aurait ralenti vers la fin de l’année dernière. OpenAI n’aurait pas atteint son objectif interne d’un milliard d’utilisateurs actifs hebdomadaires pour ChatGPT, un cap que l’entreprise n’a toujours pas annoncé publiquement. Elle aurait aussi manqué son objectif annuel de revenus pour ChatGPT, tandis que Gemini de Google aurait fortement progressé et gagné des parts de marché. OpenAI ferait également face à des départs d’abonnés, ainsi qu’à plusieurs objectifs mensuels de revenus manqués plus tôt cette année, après avoir perdu du terrain face à Anthropic dans le codage et l’entreprise.
La société vient pourtant de lever 122 milliards de dollars, la plus grande levée de fonds de l’histoire de la Silicon Valley. Mais cette somme pourrait être consommée en trois ans, si OpenAI respecte ses prévisions de revenus ambitieuses, et une partie du financement dépendrait encore d’accords spécifiques avec des partenaires. L’entreprise cherche donc à réduire certains coûts, notamment en coupant des projets comme Sora, tout en misant sur Codex et GPT-5.5. Le problème, lui, reste entier : dans l’IA, la croissance se mesure aussi à la capacité de payer les machines qui la rendent possible.
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